Par William Legros — 27 août 2026
🔍 Transparence
CryptoPulse Info n’a aucun partenariat commercial ni lien d’affiliation avec Coinhouse à la date de publication. Cet article s’appuie sur les communications officielles de la société, le registre de l’AMF et les sources fiscales primaires (BOFiP, Légifrance, impots.gouv.fr). Il ne constitue ni un conseil en investissement ni un conseil fiscal personnalisé.
Depuis la fin de la période transitoire MiCA le 1er juillet 2026, le marché français s’est considérablement resserré. Binance a cessé ses services aux nouveaux clients, Bitget a transféré ses utilisateurs français, et les investisseurs cherchent où aller. Dans ce contexte, Coinhouse occupe une position singulière : c’est l’un des rares acteurs agréés directement par l’AMF, et le principal opérateur véritablement français du marché. La question n’est pas seulement « est-ce une bonne plateforme ? », mais « qu’est-ce que ce statut change concrètement pour un contribuable français ? ». C’est l’angle de cet article.
Coinhouse en bref : qui, depuis quand, quel statut
Coinhouse est née à Paris en 2014 sous le nom de La Maison du Bitcoin. C’est l’un des plus anciens acteurs crypto français encore en activité. Le régime PSAN n’ayant été créé que par la loi PACTE du 22 mai 2019, son enregistrement date de 2020 — Coinhouse figure parmi les tout premiers prestataires enregistrés par l’AMF sous ce statut.
| Critère | Coinhouse |
|---|---|
| Entité | Société française, siège à Paris |
| Création | 2014 (ex-La Maison du Bitcoin) |
| Statut historique | PSAN enregistré auprès de l’AMF en 2020 (régime créé par la loi PACTE de 2019) |
| Statut MiCA | Agrément CASP délivré par l’AMF — annoncé par la société le 11 mai 2026 |
| Compte à déclarer en 3916-bis ? | Non — entité française |
| Actifs disponibles | Plusieurs dizaines de crypto-actifs (chiffre annoncé par l’éditeur, à vérifier à date) |
| Services | Achat / vente, conservation, staking, offres d’épargne, compte euro avec IBAN français, accompagnement |
| Support | Francophone, chat et téléphone |
| Sécurité | Dispositif et certifications à vérifier sur la page sécurité de l’éditeur — nous n’avons pas pu confirmer en source primaire les certifications relayées par les comparatifs |
Éléments issus des communications officielles de la société et du registre AMF, relevés le 6 août 2026. Le statut d’agrément doit être revérifié à sa date sur la liste blanche AMF.
L’agrément MiCA : ce que ça change concrètement
Depuis le 1er juillet 2026, seules deux voies permettent de fournir légalement des services sur crypto-actifs à des résidents français : un agrément CASP délivré par l’AMF, ou un passeport européen au titre de l’article 65 MiCA (agrément obtenu dans un autre État membre, notifié pour la France). Les deux ont la même valeur juridique en matière d’accès au marché. Voir notre liste à jour des plateformes agréées.
Coinhouse relève de la première voie. Concrètement, l’agrément MiCA impose à la plateforme un socle d’obligations : ségrégation des actifs clients, dispositif de gouvernance et de contrôle interne, exigences de fonds propres, politique de conservation, information précontractuelle normalisée, procédures de traitement des réclamations, et supervision continue par l’AMF.
⚠️ Ce que l’agrément ne garantit pas
MiCA est un cadre de conformité opérationnelle, pas une garantie de performance ni une assurance sur vos fonds. Un agrément CASP ne protège ni contre la volatilité des cours, ni contre une faillite de la plateforme, ni contre une erreur de votre part. Il n’existe pas d’équivalent crypto au Fonds de garantie des dépôts (qui couvre les dépôts bancaires jusqu’à 100 000 €). L’agrément réduit certains risques de contrepartie et d’organisation — il ne les supprime pas.
Le vrai avantage fiscal : pas de 3916-bis à remplir
C’est le point que la plupart des comparatifs passent sous silence, alors qu’il est chiffrable. L’article 1649 bis C du Code général des impôts impose de déclarer chaque année les comptes d’actifs numériques ouverts, détenus, utilisés ou clos à l’étranger, via le formulaire 3916-3916 bis (Cerfa n° 11916, millésime à vérifier pour la campagne en cours). Cette obligation existe même si le compte est vide et même si vous n’avez réalisé aucune opération.
Le critère déclencheur est l’entité juridique contractante, pas la langue du site ni le pays depuis lequel vous vous connectez. C’est là que se joue la différence :
| Plateforme | Type d’autorisation | Entité contractante | 3916-bis à déposer chaque année ? |
|---|---|---|---|
| Coinhouse | Agrément CASP direct AMF | France | Non |
| Kraken | Passeport européen | Irlande | Oui |
| Coinbase | Passeport européen | Luxembourg | Oui |
| Bitpanda | Passeport européen | Autriche | Oui |
| Trade Republic | Passeport européen | Allemagne | Oui |
Le passeport européen est parfaitement légal et n’enlève rien à la qualité du prestataire — il crée simplement une obligation déclarative annuelle supplémentaire côté utilisateur.
L’enjeu n’est pas théorique. L’article 1736 X du CGI sanctionne l’omission de 750 € par compte non déclaré, montant porté à 1 500 € si la valeur vénale des comptes dépasse 50 000 € à un moment quelconque de l’année, plus 125 € par inexactitude (250 € au-delà de 50 000 €), dans la limite de 10 000 € par déclaration. Et le délai de reprise de l’administration sur les comptes étrangers non déclarés est étendu à 10 ans (article L. 169 du Livre des procédures fiscales), contre 3 ans en droit commun.
Pour un investisseur qui veut simplifier durablement ses obligations déclaratives, c’est un argument concret en faveur d’un prestataire français. Attention toutefois : cela ne dispense en rien du formulaire 2086 si vous réalisez des cessions imposables. Les deux obligations sont distinctes. Voir notre guide du 3916-bis et notre guide complet de la déclaration crypto.
Le « document fiscal annuel » : ce qu’il est vraiment
Coinhouse met en avant la fourniture d’un récapitulatif fiscal annuel, souvent présenté dans la presse spécialisée comme un « IFU ». Ce raccourci mérite une correction, parce qu’il peut induire une fausse sécurité.
⚠️ « IFU » : le mot est trompeur pour les crypto-actifs
L’imprimé fiscal unique au sens strict est le formulaire Cerfa 2561. Il concerne les valeurs mobilières et revenus de capitaux mobiliers (dividendes, intérêts, plus-values sur titres) et alimente le pré-remplissage de votre déclaration. Il n’existe pas d’IFU officiel pour les crypto-actifs. Les plus-values de cession d’actifs numériques ne sont pas pré-remplies : elles se déclarent sur le formulaire 2086, que vous remplissez vous-même, puis se reportent sur la 2042 C (cases 3AN / 3BN, et 3CN pour l’option barème).
Ce que fournit Coinhouse est donc un récapitulatif d’aide au remplissage — utile, mais qui reste un document commercial, pas une déclaration officielle transmise en votre nom. La responsabilité déclarative demeure entièrement la vôtre, et les montants doivent être vérifiés.
Point de vigilance complémentaire : le calcul de la plus-value en droit français repose sur la méthode du prix moyen pondéré global, qui s’apprécie sur l’ensemble de votre portefeuille crypto, tous prestataires et wallets confondus (article 150 VH bis III du CGI). Un récapitulatif produit par une seule plateforme ne peut donc, par construction, être exact que si Coinhouse est votre unique point de détention. Dès que vous avez un second compte ou un wallet personnel, il faut consolider — voir notre comparatif des outils fiscaux crypto.
DAC8 : ce que Coinhouse transmet à la DGFiP
Depuis le 1er janvier 2026, la directive européenne DAC8 — directive (UE) 2023/2226 du Conseil du 17 octobre 2023, transposée en France par l’article 54 de la loi de finances pour 2025 et le décret n° 2025-1276 du 19 décembre 2025, impose à tous les prestataires agréés — Coinhouse comprise — un reporting automatique vers l’administration fiscale.
- Les prestataires devaient s’enregistrer auprès de la DGFiP au plus tard le 15 avril 2026.
- La déclaration annuelle des opérations de leurs clients résidents fiscaux français est due au plus tard le 15 juin de l’année suivante.
- Le premier reporting portera sur les opérations 2026 et interviendra début 2027.
- Sont concernés l’identité du titulaire, les mouvements (achats, ventes, échanges), les soldes annuels, ainsi que les opérations de staking et de lending.
Conséquence pratique : que vous choisissiez Coinhouse ou un concurrent agréé, votre historique remonte désormais à l’administration. L’écart entre ce que vous déclarez et ce que la DGFiP reçoit devient mécaniquement visible. Ce n’est pas un argument pour ou contre une plateforme — c’est le nouveau contexte commun à toutes.
Frais et tarifs : le prix de la conformité française
| Opération | Frais observés |
|---|---|
| Achat par virement SEPA / compte euro | autour de 1 % |
| Achat instantané par carte bancaire | autour de 2 % |
| Vente | autour de 1,3 % |
| Conversion crypto → crypto | autour de 0,8 % |
| Retrait SEPA en euros | 0 € |
| Conservation | Incluse |
| Abonnements optionnels | offres payantes existantes (mensuelles ou annuelles) |
Ordres de grandeur, à vérifier avant toute opération. Coinhouse est un courtier et non un carnet d’ordres : il n’y a donc pas de tarification « maker / taker » comme sur un exchange classique, mais un écart appliqué à l’opération. La grille officielle est publiée dans les documents légaux de la société et évolue régulièrement — consultez-la directement, ces chiffres n’ont qu’une valeur indicative et n’engagent pas Coinhouse.
Il faut le dire clairement : ces frais sont élevés comparés aux exchanges internationaux, qui pratiquent couramment 0,1 % à 0,6 % au comptant. L’ordre de grandeur : sur un achat de 10 000 €, un écart d’environ 0,8 point de pourcentage représente près de 80 € sur une seule opération. Pour un investisseur qui passe des ordres fréquents, l’écart cumulé devient rapidement significatif.
Ce que ces frais achètent en contrepartie : un support francophone joignable par téléphone, une entité française soumise au droit français, l’absence d’obligation 3916-bis, un accompagnement, et un interlocuteur identifiable en cas de litige. À chacun d’arbitrer selon son profil — c’est un choix de service, pas une affaire de meilleur ou moins bon.
Pour qui Coinhouse est pertinente — et pour qui elle ne l’est pas
| Profil | Verdict | Pourquoi |
|---|---|---|
| Débutant qui veut simplifier ses obligations déclaratives | ✅ Pertinent | Pas de 3916-bis, support FR téléphonique, accompagnement |
| Investisseur long terme, achats ponctuels (DCA mensuel) | ✅ Pertinent | Les frais pèsent peu sur un faible nombre d’opérations |
| Utilisateur cherchant un interlocuteur français en cas de litige | ✅ Pertinent | Entité française, droit français, support joignable |
| Trader actif, ordres fréquents | ❌ Peu adapté | Des frais de l’ordre du point de pourcentage par opération deviennent prohibitifs |
| Utilisateur cherchant un catalogue large d’altcoins | ❌ Peu adapté | Quelques dizaines d’actifs contre plusieurs centaines ailleurs |
| Utilisateur DeFi, multi-chain, protocoles avancés | ❌ Peu adapté | Positionnement centralisé, pas d’accès DeFi natif |
Les limites à connaître avant d’ouvrir un compte
- Frais nettement supérieurs au marché international. C’est la contrepartie assumée du positionnement. À intégrer dans le calcul avant tout arbitrage.
- Catalogue restreint. Le catalogue couvre les principales capitalisations, mais pas les altcoins de petite capitalisation ni les tokens récents.
- Le récapitulatif fiscal n’est pas un IFU officiel et n’est fiable que si Coinhouse est votre unique point de détention (méthode du PMP global).
- Pas de garantie des dépôts. Aucun équivalent crypto au Fonds de garantie bancaire, quel que soit l’agrément.
- Le statut d’agrément doit être revérifié. Un agrément peut évoluer. Consultez la liste blanche AMF à la date de votre opération.
FAQ — Coinhouse en 2026
Coinhouse est-elle agréée MiCA ?
Oui. Coinhouse a annoncé le 11 mai 2026 l’obtention de son agrément de prestataire de services sur crypto-actifs (CASP) délivré par l’AMF, au titre du règlement européen MiCA. C’est un agrément français direct, distinct du passeport européen utilisé par Kraken, Coinbase, Bitpanda ou Trade Republic. Vérifiez le statut à jour dans la liste blanche AMF avant d’ouvrir un compte.
Faut-il déclarer un compte Coinhouse en 3916-bis ?
Non. Le formulaire 3916-3916 bis vise les comptes d’actifs numériques détenus à l’étranger (article 1649 bis C du CGI). Coinhouse étant une entité française, un compte chez elle n’entre pas dans ce champ. En revanche, si vous réalisez des cessions imposables, le formulaire 2086 reste obligatoire — les deux obligations sont indépendantes.
Coinhouse fournit-elle un IFU pour mes impôts ?
Coinhouse fournit un récapitulatif fiscal annuel, mais ce n’est pas un IFU officiel. L’imprimé fiscal unique (Cerfa 2561) concerne les valeurs mobilières et n’existe pas pour les crypto-actifs. Vos plus-values crypto ne sont pas pré-remplies : vous devez les déclarer vous-même sur le formulaire 2086. Le document Coinhouse est une aide au remplissage, pas une déclaration transmise en votre nom.
Le récapitulatif Coinhouse suffit-il pour remplir mon 2086 ?
Uniquement si Coinhouse est votre seul point de détention. Le droit français calcule la plus-value selon la méthode du prix moyen pondéré global, qui porte sur l’ensemble de votre portefeuille crypto, tous prestataires et wallets confondus (article 150 VH bis III du CGI). Dès que vous détenez un second compte ou un wallet personnel, il faut consolider l’ensemble, généralement via un outil fiscal dédié.
Quels sont les frais de Coinhouse ?
Les frais se situent autour de 1 % pour un achat par virement SEPA, environ 2 % en achat instantané par carte bancaire, environ 1,3 % à la vente et 0,8 % sur une conversion crypto → crypto ; le retrait SEPA en euros est gratuit. Ce niveau reste nettement supérieur aux exchanges internationaux (0,1 % à 0,6 % couramment). Coinhouse étant un courtier et non un carnet d’ordres, il n’y a pas de tarification maker/taker. Ces montants sont des ordres de grandeur : consultez la grille officielle publiée dans les documents légaux de la société avant toute opération.
Coinhouse est-elle plus sûre qu’une plateforme étrangère agréée ?
Pas mécaniquement. Un agrément CASP français et un passeport européen ont la même valeur juridique en matière d’accès au marché et imposent le même socle d’obligations MiCA. La différence tient au droit applicable, à la langue du support, au recours en cas de litige et à l’obligation déclarative 3916-bis. Aucun agrément, français ou européen, ne constitue une garantie sur vos fonds.
Mes opérations Coinhouse sont-elles transmises à l’administration fiscale ?
Oui, depuis le 1er janvier 2026, au titre de la directive (UE) 2023/2226 (DAC8), transposée par l’article 54 de la loi de finances pour 2025 et précisée par le décret n° 2025-1276. Tous les prestataires agréés déclarent annuellement à la DGFiP l’identité de leurs clients résidents fiscaux français et le détail de leurs opérations, staking et lending compris. Le premier reporting portera sur les opérations 2026.
Coinhouse convient-elle à un trader actif ?
Peu. Avec des frais de l’ordre du point de pourcentage par opération, le coût devient rapidement prohibitif pour un volume d’ordres élevé. Le positionnement de Coinhouse vise plutôt l’investisseur long terme, le débutant cherchant un accompagnement, ou l’utilisateur qui privilégie un interlocuteur français. Un trader actif regardera plutôt les exchanges à frais réduits — en intégrant l’obligation 3916-bis si l’entité est étrangère.
Sources
- Liste blanche AMF — vérification des prestataires autorisés
- Communiqué Coinhouse sur l’obtention de l’agrément MiCA auprès de l’AMF (11 mai 2026)
- Article 150 VH bis du CGI — régime des cessions d’actifs numériques
- Article 1649 bis C du CGI — obligation déclarative des comptes d’actifs numériques à l’étranger
- BOFiP BOI-CF-INF-20-10-50 — sanctions applicables aux comptes étrangers non déclarés
- Article 1736 X du CGI — amendes de 750 € / 1 500 € par compte non déclaré
- Article L. 169 du Livre des procédures fiscales — délai de reprise étendu à 10 ans
- Directive (UE) 2023/2226 du Conseil du 17 octobre 2023 (DAC8) — transposition par l’article 54 de la LF 2025 et le décret n° 2025-1276 du 19 décembre 2025
- Formulaire 2086 — impots.gouv.fr
Pour aller plus loin : notre liste à jour des plateformes agréées MiCA en France, notre protocole en 5 étapes pour changer de plateforme sans erreur fiscale, notre guide complet de la déclaration crypto et notre comparatif des outils fiscaux.


