PV crypto 2026 (particuliers non pro)PFU 31,4 % Transition PSAN MiCAterminée (01/07/2026) Sources : Légifrance · impots.gouv · AMF
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Outils fiscaux · 27 août 2026

Coinhouse en 2026 : la plateforme française agréée MiCA au crible

Par William Legros — 27 août 2026

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CryptoPulse Info n’a aucun partenariat commercial ni lien d’affiliation avec Coinhouse à la date de publication. Cet article s’appuie sur les communications officielles de la société, le registre de l’AMF et les sources fiscales primaires (BOFiP, Légifrance, impots.gouv.fr). Il ne constitue ni un conseil en investissement ni un conseil fiscal personnalisé.

Depuis la fin de la période transitoire MiCA le 1er juillet 2026, le marché français s’est considérablement resserré. Binance a cessé ses services aux nouveaux clients, Bitget a transféré ses utilisateurs français, et les investisseurs cherchent où aller. Dans ce contexte, Coinhouse occupe une position singulière : c’est l’un des rares acteurs agréés directement par l’AMF, et le principal opérateur véritablement français du marché. La question n’est pas seulement « est-ce une bonne plateforme ? », mais « qu’est-ce que ce statut change concrètement pour un contribuable français ? ». C’est l’angle de cet article.

Coinhouse en bref : qui, depuis quand, quel statut

Coinhouse est née à Paris en 2014 sous le nom de La Maison du Bitcoin. C’est l’un des plus anciens acteurs crypto français encore en activité. Le régime PSAN n’ayant été créé que par la loi PACTE du 22 mai 2019, son enregistrement date de 2020 — Coinhouse figure parmi les tout premiers prestataires enregistrés par l’AMF sous ce statut.

CritèreCoinhouse
EntitéSociété française, siège à Paris
Création2014 (ex-La Maison du Bitcoin)
Statut historiquePSAN enregistré auprès de l’AMF en 2020 (régime créé par la loi PACTE de 2019)
Statut MiCAAgrément CASP délivré par l’AMF — annoncé par la société le 11 mai 2026
Compte à déclarer en 3916-bis ?Non — entité française
Actifs disponiblesPlusieurs dizaines de crypto-actifs (chiffre annoncé par l’éditeur, à vérifier à date)
ServicesAchat / vente, conservation, staking, offres d’épargne, compte euro avec IBAN français, accompagnement
SupportFrancophone, chat et téléphone
SécuritéDispositif et certifications à vérifier sur la page sécurité de l’éditeur — nous n’avons pas pu confirmer en source primaire les certifications relayées par les comparatifs

Éléments issus des communications officielles de la société et du registre AMF, relevés le 6 août 2026. Le statut d’agrément doit être revérifié à sa date sur la liste blanche AMF.

L’agrément MiCA : ce que ça change concrètement

Depuis le 1er juillet 2026, seules deux voies permettent de fournir légalement des services sur crypto-actifs à des résidents français : un agrément CASP délivré par l’AMF, ou un passeport européen au titre de l’article 65 MiCA (agrément obtenu dans un autre État membre, notifié pour la France). Les deux ont la même valeur juridique en matière d’accès au marché. Voir notre liste à jour des plateformes agréées.

Coinhouse relève de la première voie. Concrètement, l’agrément MiCA impose à la plateforme un socle d’obligations : ségrégation des actifs clients, dispositif de gouvernance et de contrôle interne, exigences de fonds propres, politique de conservation, information précontractuelle normalisée, procédures de traitement des réclamations, et supervision continue par l’AMF.

⚠️ Ce que l’agrément ne garantit pas

MiCA est un cadre de conformité opérationnelle, pas une garantie de performance ni une assurance sur vos fonds. Un agrément CASP ne protège ni contre la volatilité des cours, ni contre une faillite de la plateforme, ni contre une erreur de votre part. Il n’existe pas d’équivalent crypto au Fonds de garantie des dépôts (qui couvre les dépôts bancaires jusqu’à 100 000 €). L’agrément réduit certains risques de contrepartie et d’organisation — il ne les supprime pas.

Le vrai avantage fiscal : pas de 3916-bis à remplir

C’est le point que la plupart des comparatifs passent sous silence. L’article 1649 bis C du Code général des impôts impose de déclarer chaque année les comptes d’actifs numériques ouverts, détenus, utilisés ou clos à l’étranger, via le formulaire 3916-3916 bis (Cerfa n° 11916, millésime à vérifier pour la campagne en cours). Cette obligation existe même si le compte est vide et même si vous n’avez réalisé aucune opération.

Le critère déclencheur est l’entité juridique contractante, pas la langue du site ni le pays depuis lequel vous vous connectez. C’est là que se joue la différence :

Plateforme Type d’autorisation Entité contractante 3916-bis à déposer chaque année ?
CoinhouseAgrément CASP direct AMFFranceNon
KrakenPasseport européenIrlandeOui
CoinbasePasseport européenLuxembourgOui
BitpandaPasseport européenAutricheOui
Trade RepublicPasseport européenAllemagneOui

Le passeport européen est parfaitement légal et n’enlève rien à la qualité du prestataire — il crée simplement une obligation déclarative annuelle supplémentaire côté utilisateur.

L’enjeu n’est pas théorique. Une déclaration manquante peut entraîner une amende prévue au X de l’article 1736 du CGI, qui vise les infractions à l’article 1649 bis C. Le montant applicable dépend du manquement et de la version du texte à retenir pour l’année concernée.

Pour un investisseur qui veut simplifier durablement ses obligations déclaratives, c’est un argument concret en faveur d’un prestataire français. Attention toutefois : cela ne dispense en rien du formulaire 2086 si vous réalisez des cessions imposables. Les deux obligations sont distinctes. Voir notre guide du 3916-bis et notre guide complet de la déclaration crypto.

Le « document fiscal annuel » : ce qu’il est vraiment

Coinhouse met en avant la fourniture d’un récapitulatif fiscal annuel, souvent présenté dans la presse spécialisée comme un « IFU ». Ce raccourci mérite une correction, parce qu’il peut induire une fausse sécurité.

⚠️ « IFU » : le mot est trompeur pour les crypto-actifs

L’imprimé fiscal unique au sens strict est le formulaire Cerfa 2561. Il concerne les valeurs mobilières et revenus de capitaux mobiliers (dividendes, intérêts, plus-values sur titres) et alimente le pré-remplissage de votre déclaration. Il n’existe pas d’IFU officiel pour les crypto-actifs. Les plus-values de cession d’actifs numériques ne sont pas pré-remplies : elles se déclarent sur le formulaire 2086, que vous remplissez vous-même, puis se reportent sur la 2042 C (cases 3AN / 3BN, et 3CN pour l’option barème).

Ce que fournit Coinhouse est donc un récapitulatif d’aide au remplissage — utile, mais qui reste un document commercial, pas une déclaration officielle transmise en votre nom. La responsabilité déclarative demeure entièrement la vôtre, et les montants doivent être vérifiés.

Point de vigilance complémentaire : le calcul de la plus-value en droit français repose sur la méthode du prix moyen pondéré global, qui s’apprécie sur l’ensemble de votre portefeuille crypto, tous prestataires et wallets confondus (article 150 VH bis III du CGI). Un récapitulatif produit par une seule plateforme ne peut donc, par construction, être exact que si Coinhouse est votre unique point de détention. Dès que vous avez un second compte ou un wallet personnel, il faut consolider — voir notre comparatif des outils fiscaux crypto.

DAC8 : ce qui change pour un client Coinhouse

La directive européenne DAC8 — directive (UE) 2023/2226 du Conseil du 17 octobre 2023 — s’applique depuis le 1er janvier 2026. Elle est transposée en France par l’article 54 de la loi de finances pour 2025 (articles 1649 AC bis à 1649 AC sexies du CGI). Les prestataires de services sur crypto-actifs déclarants (prestataires agréés MiCA et certains autres opérateurs) recueillent des informations sur les opérations de leurs clients déclarables.

  • Ces informations portent d’abord sur les opérations réalisées en 2026. Elles sont déclarées l’année suivante à l’administration fiscale de l’État auquel le prestataire est rattaché, dans des conditions et délais fixés en France par décret.
  • Lorsque le client réside dans un autre État membre que celui du prestataire, les administrations s’échangent ensuite automatiquement ces informations, dans les neuf mois suivant la fin de l’année concernée.
  • Sont visés, pour les clients déclarables, leur identité (nom, adresse, État de résidence, numéro fiscal, date et lieu de naissance) et des données annuelles par type de crypto-actif, notamment : montants des acquisitions et des cessions, valeur des échanges entre crypto-actifs, transferts, nombre d’unités et de transactions.

Conséquence pratique : que vous choisissiez Coinhouse ou une autre plateforme relevant de DAC8, l’administration fiscale française recevra des informations sur vos comptes et opérations, directement ou par échange entre États membres. DAC8 ne vous dispense pas de vos propres déclarations. Ce n’est pas un argument pour ou contre une plateforme : le même cadre vaut pour les autres prestataires déclarants.

Frais et tarifs : le prix de la conformité française

OpérationFrais observés
Achat par virement SEPA / compte euroautour de 1 %
Achat instantané par carte bancaireautour de 2 %
Venteautour de 1,3 %
Conversion crypto → cryptoautour de 0,8 %
Retrait SEPA en euros0 €
ConservationIncluse
Abonnements optionnelsoffres payantes existantes (mensuelles ou annuelles)

Ordres de grandeur, à vérifier avant toute opération. Coinhouse est un courtier et non un carnet d’ordres : il n’y a donc pas de tarification « maker / taker » comme sur un exchange classique, mais un écart appliqué à l’opération. La grille officielle est publiée dans les documents légaux de la société et évolue régulièrement — consultez-la directement, ces chiffres n’ont qu’une valeur indicative et n’engagent pas Coinhouse.

Il faut le dire clairement : ces frais sont élevés comparés aux exchanges internationaux, qui pratiquent couramment 0,1 % à 0,6 % au comptant. L’ordre de grandeur : sur un achat de 10 000 €, un écart d’environ 0,8 point de pourcentage représente près de 80 € sur une seule opération. Pour un investisseur qui passe des ordres fréquents, l’écart cumulé devient rapidement significatif.

Ce que ces frais achètent en contrepartie : un support francophone joignable par téléphone, une entité française soumise au droit français, l’absence d’obligation 3916-bis, un accompagnement, et un interlocuteur identifiable en cas de litige. À chacun d’arbitrer selon son profil — c’est un choix de service, pas une affaire de meilleur ou moins bon.

Pour qui Coinhouse est pertinente — et pour qui elle ne l’est pas

ProfilVerdictPourquoi
Débutant qui veut simplifier ses obligations déclaratives✅ PertinentPas de 3916-bis, support FR téléphonique, accompagnement
Investisseur long terme, achats ponctuels (DCA mensuel)✅ PertinentLes frais pèsent peu sur un faible nombre d’opérations
Utilisateur cherchant un interlocuteur français en cas de litige✅ PertinentEntité française, droit français, support joignable
Trader actif, ordres fréquents❌ Peu adaptéDes frais de l’ordre du point de pourcentage par opération deviennent prohibitifs
Utilisateur cherchant un catalogue large d’altcoins❌ Peu adaptéQuelques dizaines d’actifs contre plusieurs centaines ailleurs
Utilisateur DeFi, multi-chain, protocoles avancés❌ Peu adaptéPositionnement centralisé, pas d’accès DeFi natif

Les limites à connaître avant d’ouvrir un compte

  • Frais nettement supérieurs au marché international. C’est la contrepartie assumée du positionnement. À intégrer dans le calcul avant tout arbitrage.
  • Catalogue restreint. Le catalogue couvre les principales capitalisations, mais pas les altcoins de petite capitalisation ni les tokens récents.
  • Le récapitulatif fiscal n’est pas un IFU officiel et n’est fiable que si Coinhouse est votre unique point de détention (méthode du PMP global).
  • Pas de garantie des dépôts. Aucun équivalent crypto au Fonds de garantie bancaire, quel que soit l’agrément.
  • Le statut d’agrément doit être revérifié. Un agrément peut évoluer. Consultez la liste blanche AMF à la date de votre opération.

FAQ — Coinhouse en 2026

Coinhouse est-elle agréée MiCA ?

Oui. Coinhouse a annoncé le 11 mai 2026 l’obtention de son agrément de prestataire de services sur crypto-actifs (CASP) délivré par l’AMF, au titre du règlement européen MiCA. C’est un agrément français direct, distinct du passeport européen utilisé par Kraken, Coinbase, Bitpanda ou Trade Republic. Vérifiez le statut à jour dans la liste blanche AMF avant d’ouvrir un compte.

Faut-il déclarer un compte Coinhouse en 3916-bis ?

Non. Le formulaire 3916-3916 bis vise les comptes d’actifs numériques détenus à l’étranger (article 1649 bis C du CGI). Coinhouse étant une entité française, un compte chez elle n’entre pas dans ce champ. En revanche, si vous réalisez des cessions imposables, le formulaire 2086 reste obligatoire — les deux obligations sont indépendantes.

Coinhouse fournit-elle un IFU pour mes impôts ?

Coinhouse fournit un récapitulatif fiscal annuel, mais ce n’est pas un IFU officiel. L’imprimé fiscal unique (Cerfa 2561) concerne les valeurs mobilières et n’existe pas pour les crypto-actifs. Vos plus-values crypto ne sont pas pré-remplies : vous devez les déclarer vous-même sur le formulaire 2086. Le document Coinhouse est une aide au remplissage, pas une déclaration transmise en votre nom.

Le récapitulatif Coinhouse suffit-il pour remplir mon 2086 ?

Uniquement si Coinhouse est votre seul point de détention. Le droit français calcule la plus-value selon la méthode du prix moyen pondéré global, qui porte sur l’ensemble de votre portefeuille crypto, tous prestataires et wallets confondus (article 150 VH bis III du CGI). Dès que vous détenez un second compte ou un wallet personnel, il faut consolider l’ensemble, généralement via un outil fiscal dédié.

Quels sont les frais de Coinhouse ?

Les frais se situent autour de 1 % pour un achat par virement SEPA, environ 2 % en achat instantané par carte bancaire, environ 1,3 % à la vente et 0,8 % sur une conversion crypto → crypto ; le retrait SEPA en euros est gratuit. Ce niveau reste nettement supérieur aux exchanges internationaux (0,1 % à 0,6 % couramment). Coinhouse étant un courtier et non un carnet d’ordres, il n’y a pas de tarification maker/taker. Ces montants sont des ordres de grandeur : consultez la grille officielle publiée dans les documents légaux de la société avant toute opération.

Coinhouse est-elle plus sûre qu’une plateforme étrangère agréée ?

Pas mécaniquement. Un agrément CASP français et un passeport européen ont la même valeur juridique en matière d’accès au marché et imposent le même socle d’obligations MiCA. La différence tient au droit applicable, à la langue du support, au recours en cas de litige et à l’obligation déclarative 3916-bis. Aucun agrément, français ou européen, ne constitue une garantie sur vos fonds.

Mes opérations Coinhouse sont-elles transmises à l’administration fiscale ?

Oui, pour les clients déclarables, à partir des opérations réalisées en 2026. La directive (UE) 2023/2226 (DAC8), transposée par l’article 54 de la loi de finances pour 2025, s’applique depuis le 1er janvier 2026. Les prestataires de services sur crypto-actifs déclarants recueillent l’identité de leurs clients et des données annuelles sur leurs opérations, par type de crypto-actif. Ces informations sont déclarées l’année suivante à l’administration fiscale de l’État auquel le prestataire est rattaché ; l’administration française les recevra directement ou par échange entre États membres. DAC8 ne vous dispense pas de vos propres déclarations.

Coinhouse convient-elle à un trader actif ?

Peu. Avec des frais de l’ordre du point de pourcentage par opération, le coût devient rapidement prohibitif pour un volume d’ordres élevé. Le positionnement de Coinhouse vise plutôt l’investisseur long terme, le débutant cherchant un accompagnement, ou l’utilisateur qui privilégie un interlocuteur français. Un trader actif regardera plutôt les exchanges à frais réduits — en intégrant l’obligation 3916-bis si l’entité est étrangère.

Sources

  • Liste blanche AMF — vérification des prestataires autorisés
  • Communiqué Coinhouse sur l’obtention de l’agrément MiCA auprès de l’AMF (11 mai 2026)
  • Article 150 VH bis du CGI — régime des cessions d’actifs numériques
  • Article 1649 bis C du CGI — obligation déclarative des comptes d’actifs numériques à l’étranger
  • Article 1736 du CGI, X — amende en cas d’infraction à l’article 1649 bis C
  • Directive (UE) 2023/2226 du Conseil du 17 octobre 2023 (DAC8) — transposée par l’article 54 de la loi n° 2025-127 du 14 février 2025 de finances pour 2025 (articles 1649 AC bis à 1649 AC sexies du CGI) ; décret n° 2025-1276 du 19 décembre 2025 relatif à l’obligation déclarative et de diligences incombant aux prestataires de services sur crypto-actifs en application des articles 1649 AC bis à 1649 AC sexies du code général des impôts
  • Formulaire 2086 — impots.gouv.fr

Pour aller plus loin : notre liste à jour des plateformes agréées MiCA en France, notre protocole en 5 étapes pour changer de plateforme sans erreur fiscale, notre guide complet de la déclaration crypto et notre comparatif des outils fiscaux.