Par Élise Chatenet — 13 juin 2026
Le 1er juillet 2026 marque la fin de la période transitoire prévue à l’article 143 du règlement européen MiCA (UE 2023/1114) pour les anciens PSAN français issus de la loi PACTE de 2019. À partir de cette date, seuls les prestataires titulaires d’un agrément PSCA au titre de MiCA — délivré soit par l’AMF en France, soit par une autre autorité européenne dans le cadre du passeport européen (article 65 MiCA) — peuvent fournir des services sur crypto-actifs aux résidents français. Pour les utilisateurs, l’enjeu n’est pas théorique : votre plateforme est-elle dans la liste blanche AMF ? Que se passe-t-il si elle n’y est pas ? Et fiscalement, comment gérer un transfert ou une conversion forcée sans s’exposer à un redressement ?
🚨 Binance France ferme au 1er juillet 2026
Par mail envoyé à ses utilisateurs français le 24 juin 2026, Binance a confirmé que ni Binance France SAS ni aucune entité du groupe Binance n’obtiendront l’agrément MiCA d’ici le 30 juin. Calendrier des fermetures de services : 1er juillet 2026 — fin du trading spot, annulation automatique des ordres ouverts, désactivation des bots ; 1er octobre 2026 — clôture/liquidation automatique des positions sur marge, Binance Loans et Flexible Loans. Trois options pour les ~2 millions de clients français : transférer ses cryptos vers un PSCA agréé, prendre la conservation en main via un wallet self-custody (Ledger, MetaMask, Phantom), ou liquider en euros. Binance n’apparaît plus que comme PSAN historique sur la fiche AMF (Binance France SAS, n° E2022-037 du 04/05/2022) — aucun agrément MiCA délivré.
Ce qui change concrètement le 1er juillet 2026
Le régime national français des PSAN, issu de la loi PACTE n° 2019-486 du 22 mai 2019, expire au 30 juin 2026 pour laisser place au régime européen unifié MiCA. Concrètement, trois changements pour les utilisateurs en France :
- Un enregistrement PSAN seul ne permet plus de fournir des services sur crypto-actifs en France après le 1er juillet. Le prestataire doit obtenir un agrément PSCA au titre de MiCA (en France via l’AMF, ou ailleurs en UE).
- Le passeport européen MiCA (article 65) permet à un PSCA agréé dans un État membre (Luxembourg, Irlande, Allemagne, Autriche, etc.) de fournir ses services en France sans nouvel agrément AMF, après notification.
- Toute fourniture de services crypto sans autorisation est constitutive d’un délit puni de 2 ans d’emprisonnement et 30 000 € d’amende (article L. 572-23 II du Code monétaire et financier, qui vise les violations des interdictions de l’article L. 54-10-4).
L’AMF a rappelé la fin de cette période transitoire à plusieurs reprises (communiqués des 5 février et 24 avril 2026). L’ESMA a publié le 23 juin 2026 une déclaration publique (réf. ESMA75-113276571-1710) précisant les modalités attendues de cessation ordonnée (wind-down) pour les CASP non autorisés.
PSAN, PSCA, CASP, passeport européen : les définitions à connaître
- PSAN (Prestataire de Services sur Actifs Numériques) : ancien régime français issu de la loi PACTE de 2019, enregistrement délivré par l’AMF avec assentiment de l’ACPR. Numéro commençant par E (ex : E2022-037). Régime caduc au 30 juin 2026.
- PSCA ou CASP (Prestataire de Services sur Crypto-Actifs / Crypto-Asset Service Provider) : nouveau régime européen issu du règlement MiCA (UE 2023/1114). Agrément délivré par une autorité nationale compétente (AMF en France, BaFin en Allemagne, CSSF au Luxembourg, CBI en Irlande, FMA en Autriche, etc.). Numéro AMF commençant par A (ex : A2025-001 pour Deblock, A2026-013 pour Coinhouse).
- Passeport européen MiCA (article 65 du règlement) : mécanisme permettant à un PSCA agréé dans un État membre de fournir ses services dans tous les autres États membres après notification simple à l’autorité d’accueil. Coinbase (CSSF Luxembourg), Kraken/Payward Europe (CBI Irlande), Bitpanda (BaFin Allemagne) servent les Français via ce mécanisme.
- Plan de cessation ordonnée : procédure encadrée par l’ESMA imposée aux CASP non autorisés après le 01/07/2026, limitant les services aux opérations nécessaires au transfert, à la vente ou à la clôture des positions clients (déclaration ESMA75-113276571-1710 du 23 juin 2026).
Liste des plateformes crypto accessibles en France au 1er juillet 2026
Le tableau ci-dessous synthétise le statut des principales plateformes utilisées en France, vérifié individuellement sur la liste blanche AMF (protectepargne.amf-france.org) au 30 juin 2026. Attention : le nom commercial diffère parfois de l’entité juridique régulée — c’est cette dernière qui compte juridiquement.
| Plateforme | Entité juridique régulée | Statut au 30/06/2026 | Autorité | N° |
|---|---|---|---|---|
| Deblock | Deblock SAS | ✅ Agrément MiCA AMF (1er agréé) | AMF | A2025-001 (23/05/2025) |
| Coinhouse | Coinhouse SAS | ✅ Agrément MiCA AMF | AMF | A2026-013 (11/05/2026) |
| Coinbase | Coinbase Luxembourg S.A. | ✅ Passeport européen MiCA | CSSF (Luxembourg) | Notification FR 20/06/2025 |
| Kraken | Payward Europe Solutions Limited | ✅ Passeport européen MiCA | CBI (Irlande) | Notification FR 25/06/2025 |
| Bitpanda | Bitpanda Asset Management GmbH | ✅ Passeport européen MiCA | BaFin (Allemagne) | Notification FR 21/02/2025 |
| Trade Republic | Trade Republic Bank GmbH | ✅ Passeport européen MiCA | BaFin (Allemagne) | Notification FR 28/04/2025 |
| Binance | Binance France SAS | ❌ CESSE LE 01/07/2026 (PSAN historique seul) | AMF (PSAN historique) | E2022-037 — pas d’agrément MiCA |
| StackinSat | Stackinsat SAS | ⚠️ PSAN historique uniquement au 30/06/2026 (à vérifier en live AMF avant tout dépôt) | AMF (PSAN historique) | E2020-004 — pas d’agrément MiCA constaté |
Tableau vérifié individuellement le 30/06/2026 sur la liste blanche AMF. Les fiches AMF évoluent — recheckez la fiche officielle de votre plateforme avant tout dépôt ou transfert significatif.
Cette liste n’est pas exhaustive. Au 30 juin 2026, environ 20 entités françaises sont agréées PSCA par l’AMF, et plusieurs dizaines d’entités européennes opèrent en France via le passeport européen. La liste blanche AMF reste la source autoritative — elle s’enrichit chaque semaine au fur et à mesure des nouveaux agréments délivrés. Sur le solde des ~117 PSAN initialement enregistrés, une cinquantaine ne demandent pas l’agrément MiCA et organisent leur cessation ordonnée.
Agrément AMF français vs passeport européen : la même valeur juridique
Une question revient souvent : « Coinbase / Kraken / Bitpanda / Trade Republic sont-ils ‘aussi sûrs’ qu’un acteur agréé directement par l’AMF ? » Sur le plan juridique, oui : le règlement MiCA crée un marché unique européen des services crypto. Un PSCA agréé par n’importe quelle autorité nationale compétente (NCA) bénéficie automatiquement, après notification, du droit de fournir ses services dans toute l’Union. Les obligations prudentielles, de gouvernance, de protection des fonds clients et de reporting sont harmonisées au niveau européen — l’autorité d’agrément (AMF, CSSF, BaFin, CBI, FMA…) applique le même corpus de règles.
Pour la fiscalité française, aucune différence non plus : que vous utilisiez Coinhouse (AMF), Coinbase (CSSF), Kraken (CBI Irlande) ou Bitpanda (BaFin), vos plus-values relèvent de l’article 150 VH bis du CGI, à déclarer sur le 2086. Vos comptes ouverts auprès d’un prestataire étranger (Coinbase, Kraken, Bitpanda, Trade Republic) restent à déclarer sur le 3916-bis — l’agrément européen ne dispense pas de cette obligation côté contribuable français.
Comment vérifier en 2 minutes si votre plateforme est autorisée
- Identifier l’entité juridique réelle avec laquelle vous avez ouvert votre compte. Cette information figure dans les CGU, dans le mail de confirmation d’ouverture, ou dans le pied de page de l’application/site. Ne vous fiez pas au nom commercial : c’est la raison sociale qui est régulée.
- Chercher cette entité dans la liste blanche AMF sur protectepargne.amf-france.org, section « PSAN/PSCA ». Si le numéro commence par A (ex : A2025-001), c’est un agrément MiCA — vous pouvez continuer. Si le numéro commence par E (ex : E2022-037) sans agrément MiCA associé, l’entité ne pourra plus fournir de services après le 1er juillet 2026.
- Cas particulier passeport européen : si l’entité est étrangère (Luxembourg, Irlande, Allemagne, Autriche…), elle apparaît dans la liste AMF avec mention « Passeport » et la date de notification. Vous pouvez aussi consulter le registre ESMA centralisé.
- Vérifier les communications reçues de votre plateforme depuis le printemps 2026. Les plateformes en cessation envoient activement des emails (Binance le 24/06, autres en mai-juin). Vérifiez vos spams si vous n’avez rien reçu.
Que faire si votre plateforme cesse : la procédure étape par étape
Si votre plateforme n’a pas obtenu MiCA et organise sa cessation (cas Binance, et de plusieurs dizaines d’anciens PSAN au 01/07/2026), suivez ces étapes dans l’ordre :
- Lire la communication officielle de la plateforme : dates butoirs spécifiques aux différents services (spot, margin, lending, staking), options proposées, frais éventuels. Le mail Binance du 24/06 distingue par exemple le spot (01/07) du margin/loans (01/10).
- Exporter votre historique complet avant la coupure : CSV de toutes vos transactions, captures d’écran des soldes au 30/06, justificatifs de dépôt/retrait, IBAN whitelist, hashes des transactions on-chain importantes. Ces documents seront indispensables pour la déclaration fiscale 2027 et en cas de contestation.
- Choisir votre destination en fonction de votre profil. Pour la majorité des particuliers : un PSCA agréé européen (Coinbase, Kraken, Bitpanda, Coinhouse, Deblock…) qui supporte vos cryptos. Pour les profils plus autonomes : un wallet self-custody (Ledger pour le stockage long terme, MetaMask ou Phantom pour les opérations ponctuelles).
- Tester avec un petit montant d’abord — un transfert de 50-100 € pour vérifier que l’adresse de destination est correcte et que le réseau supporte le retrait. Une fois validé, transférez le reste.
- Conserver les preuves de transfert : hash de transaction on-chain, capture de l’écran de retrait, mail de confirmation. Ces éléments documentent un déplacement de fonds entre comptes vous appartenant (non imposable) et évitent une requalification éventuelle par l’administration.
- Ne pas laisser d’actifs sur la plateforme après la date butoir. Le statut juridique de votre dépôt après cessation devient incertain, les recours en cas de défaillance sont fortement limités.
Fiscalité : transfert non imposable vs conversion forcée imposable
Deux situations très différentes côté fiscal — à ne pas confondre.
Le transfert vers un autre prestataire (ou vers un wallet self-custody) n’est pas une cession à titre onéreux : pas de plus-value à déclarer (BOFiP BOI-RPPM-PVBMC-30-10 sur le champ d’application). C’est un déplacement de fonds entre comptes appartenant au même contribuable. Documentez systématiquement le transfert (hash on-chain, capture, mail de confirmation) pour éviter toute requalification de l’administration en cas de contrôle.
La conversion forcée imposée par la plateforme avant fermeture est en revanche une cession imposable. Cas typique : une plateforme en cessation convertit automatiquement les altcoins peu liquides en stablecoin (USDT) ou en euros avant clôture. Cette conversion crystalise une plus ou moins-value à déclarer sur le formulaire 2086 (article 150 VH bis du CGI).
📊 Exemple chiffré — conversion forcée SHIB → USDT
Vous détenez 50 millions de SHIB acquis 1 200 € (PMP global) sur une plateforme en cessation. La plateforme convertit automatiquement vos SHIB en USDT le 25 juin 2026 au cours de marché (valeur 1 520 €). Plus-value de 320 € à déclarer en case 3AN du 2042-C, calcul sur le 2086 (déclaration 2027 sur les revenus 2026). Justificatifs à conserver : mail d’avis de conversion, capture du portefeuille avant/après, cours du jour, export CSV. Si vous transférez ensuite vos USDT vers un wallet self-custody, ce transfert n’est pas une cession — la fiscalité a déjà été déclenchée au moment de la conversion forcée.
Pour le détail du formulaire 2086, voir notre guide complet sur le formulaire 2086 pas à pas. Pour le 3916-bis applicable aux comptes ouverts auprès d’un prestataire étranger (Coinbase Luxembourg, Kraken Irlande, Bitpanda Allemagne, Trade Republic Allemagne…), voir l’article dédié au formulaire 3916-bis. Pour le cas Trade Republic spécifiquement, voir le guide Trade Republic 2026.
Sanctions pénales pour les plateformes non autorisées
Au-delà du 1er juillet 2026, toute fourniture de services sur crypto-actifs en France sans agrément MiCA (ou notification au titre du passeport européen) est constitutive d’un délit prévu et réprimé par le Code monétaire et financier :
- Article L. 572-23 II du CMF : 2 ans d’emprisonnement et 30 000 € d’amende pour la violation des interdictions de l’article L. 54-10-4 (fourniture de services sans enregistrement / agrément requis).
- Article L. 572-23 I du CMF : 1 an d’emprisonnement et 15 000 € d’amende pour omission ou inexactitude des déclarations à l’AMF.
- Article L. 621-13-5 du CMF : pouvoir de l’AMF de demander le blocage de l’accès aux sites internet des prestataires non autorisés.
Côté utilisateur, vous n’êtes pas pénalement responsable des manquements de votre plateforme — mais vos recours en cas de défaillance d’une plateforme non autorisée sont fortement limités (pas de garantie des dépôts crypto au sens MiCA, mécanismes d’indemnisation absents, juridictions parfois extra-européennes).
Ce que MiCA garantit (et ce que MiCA ne garantit pas)
Le règlement MiCA renforce significativement le cadre prudentiel des prestataires crypto en Europe, mais il ne supprime pas tous les risques. À retenir :
- Ce que MiCA garantit (articles 67 à 75 du règlement) : exigences de fonds propres minimums, ségrégation des actifs clients, gouvernance interne et contrôle, transparence tarifaire, reporting périodique, procédures de traitement des réclamations, lutte contre les abus de marché, supervision européenne harmonisée.
- Ce que MiCA NE garantit PAS : la valeur de vos crypto-actifs (volatilité de marché intacte), l’absence de risque de piratage (mais ségrégation et obligations de cyber-résilience renforcées), l’absence de défaillance d’un PSCA (pas de fonds de garantie type FGDR équivalent au secteur bancaire pour les actifs crypto), la couverture de la DeFi pure (les protocoles totalement décentralisés restent hors champ MiCA).
FAQ — MiCA et plateformes crypto au 1er juillet 2026
Puis-je continuer à utiliser Binance après le 1er juillet 2026 ?
Non. Binance France SAS a confirmé par mail à ses clients le 24/06/2026 ne pas avoir obtenu l’agrément MiCA. À compter du 1er juillet 2026, plus aucun ordre spot n’est possible et les ordres ouverts sont annulés automatiquement. Pour les positions sur marge, Binance Loans et Flexible Loans, la date butoir est le 1er octobre 2026 (clôture/liquidation automatique). Vous devez transférer vos actifs vers un PSCA agréé ou un wallet self-custody avant ces dates.
Coinbase, Kraken et Bitpanda sont-ils légaux en France sans agrément AMF ?
Oui, grâce au passeport européen MiCA (article 65 du règlement UE 2023/1114). Coinbase Luxembourg S.A. est agréée par la CSSF (Luxembourg), Payward Europe Solutions Limited / Kraken par la CBI (Irlande), Bitpanda Asset Management GmbH par la BaFin (Allemagne). Une fois notifiées à l’AMF, ces entités peuvent fournir leurs services en France au même titre qu’un PSCA agréé directement en France.
Quelle est la différence entre PSAN, PSCA et CASP ?
PSAN (Prestataire de Services sur Actifs Numériques) est l’ancien régime français issu de la loi PACTE de 2019, dont la période transitoire prend fin le 30 juin 2026. PSCA (Prestataire de Services sur Crypto-Actifs) et CASP (Crypto-Asset Service Provider) désignent la même chose : le nouveau régime européen issu du règlement MiCA, agréé par n’importe quelle autorité nationale compétente de l’UE.
Comment vérifier si ma plateforme crypto est réellement agréée MiCA ?
Consultez la liste blanche AMF sur protectepargne.amf-france.org en recherchant la raison sociale exacte de votre prestataire (pas le nom commercial). Un numéro commençant par A (ex : A2025-001) indique un agrément MiCA délivré par l’AMF. Pour un agrément délivré par une autre autorité européenne, la fiche AMF mentionne « passeport » et la date de notification. Le registre ESMA centralise également les CASP agréés dans toute l’UE.
Le transfert de mes cryptos vers une autre plateforme est-il une cession imposable ?
Non. Un simple transfert entre comptes vous appartenant (d’une plateforme à une autre, ou d’une plateforme vers un wallet self-custody) ne constitue pas une cession à titre onéreux au sens de l’article 150 VH bis du CGI. Aucune plus-value n’est déclenchée. Conservez les justificatifs (hash on-chain, captures, mails) pour documenter la nature du mouvement en cas de contrôle.
Une conversion forcée d’altcoin en stablecoin lors d’une cessation est-elle imposable ?
Oui. La conversion automatique d’un actif numérique en un autre actif numérique avec soulte, ou en monnaie ayant cours légal, est une cession imposable au sens de l’article 150 VH bis du CGI. La plus ou moins-value est à calculer sur le 2086 et à reporter sur la déclaration 2042-C (case 3AN ou 3BN). Le sursis d’imposition de l’article 150 VH bis II-A ne s’applique qu’aux échanges sans soulte entre actifs numériques — une conversion forcée vers euro n’en bénéficie pas.
Dois-je toujours déclarer mon compte Binance dans le 3916-bis si la plateforme ferme ?
Oui, pour l’année 2026 (compte ouvert ou utilisé pendant l’année). La déclaration 2027 sur les revenus 2026 devra inclure le 3916-bis pour Binance France SAS, même si le compte est clos au 1er juillet. Indiquez la date de clôture dans le formulaire. La sanction pour omission est de 750 € par compte non déclaré, portée à 1 500 € si la valeur a dépassé 50 000 € à un moment de l’année (article 1736 IV CGI).
Quelles sanctions encourt une plateforme qui opère sans agrément MiCA après le 1er juillet ?
Article L. 572-23 II du Code monétaire et financier : 2 ans d’emprisonnement et 30 000 € d’amende pour la violation des interdictions de l’article L. 54-10-4 (fourniture de services sans autorisation). L’AMF dispose en outre du pouvoir de demander le blocage de l’accès aux sites internet des plateformes non autorisées (article L. 621-13-5 CMF).
Mes cryptos sont-elles garanties chez une plateforme agréée MiCA ?
Pas au sens d’une garantie des dépôts type FGDR (Fonds de Garantie des Dépôts et de Résolution) pour les banques. MiCA impose la ségrégation des actifs clients, des exigences de fonds propres, des obligations de cyber-résilience et de gouvernance, mais ne crée pas de fonds d’indemnisation centralisé pour les crypto-actifs. La valeur de marché des cryptos elle-même n’est jamais garantie — la volatilité reste pleine et entière.
Combien de temps ai-je pour retirer mes fonds d’une plateforme en cessation ?
Cela dépend du plan de cessation propre à chaque plateforme. La déclaration ESMA du 23 juin 2026 (ESMA75-113276571-1710) impose une cessation ordonnée préservant la possibilité pour les clients de transférer, vendre ou clôturer leurs positions. Chez Binance : 1er juillet pour le spot, 1er octobre pour le margin/loans. Chez les autres plateformes, vérifiez la communication officielle reçue par mail — les délais typiques observés sont de 30 à 90 jours. N’attendez pas la dernière minute : les transferts peuvent connaître des frictions techniques en fin de période.
Pour suivre l’évolution post-1er juillet 2026 (nouveaux agréments délivrés, plateformes en cessation, jurisprudence en construction), notre catégorie régulation est mise à jour régulièrement. Pour un cas individuel à enjeu élevé (volumes importants, plusieurs plateformes en cessation simultanée, complexité d’historique), un avis d’avocat fiscaliste spécialisé sécurise les démarches avant déclaration.


