Flat tax 202631,4 %LFSS 2026 Swaps cryptoSursis150 VH bis II-A MiCA01/07/2026fin transitoire 3916-bis750 €/compteamende Sources : Légifrance · BOFiP · AMF
CryptoPulse Info
Simulateur flat tax
Régimes fiscaux · 19 mai 2026

Flat tax crypto 2026 : 31,4 % (PFU) ou barème progressif ?

Scène de bureau minimaliste style infographie financière avec pièces euro empilées en colonnes représentant une répartition de pourcentages, documents fiscaux français flous, calculatrice

Par Mathieu Lamarre — 19 mai 2026

Mis à jour le 19 mai 2026 — révision éditoriale YMYL (précisions sur la rétroactivité LFSS 2026, le seuil d’exonération 305 €, les cases 3AN/3BN/3CN de la 2042 C et la distinction mining/staking).

La flat tax sur les crypto-actifs est un sujet qui revient à chaque campagne déclarative IR, et pourtant beaucoup d’investisseurs en ont une idée fausse en tête. Certains pensent qu’elle ne s’applique qu’aux cessions en euros, d’autres qu’elle est optionnelle, d’autres encore qu’elle a disparu. Elle existe toujours en 2026, elle est passée à 31,4 %, et elle s’applique par défaut. Voici un guide complet qui reprend le mécanisme précis, ce qui a changé en janvier 2026, les cas où elle s’avère moins avantageuse que le barème progressif, et quelques simulations chiffrées pour rendre la matière concrète.

Qu’est-ce que la flat tax exactement

La flat tax, techniquement appelée Prélèvement Forfaitaire Unique (PFU), est un taux d’imposition fixe qui s’applique à la plupart des revenus du capital en France : dividendes d’actions, intérêts de placements, plus-values mobilières, et depuis 2019, plus-values de cession d’actifs numériques. Le principe est simple : un seul taux, pas de calcul par tranche, pas de TMI à vérifier.

La flat tax ne remplace pas le barème progressif de l’impôt sur le revenu, elle lui est alternative pour les revenus du capital. Pour les plus-values d’actifs numériques, l’option pour le barème progressif (case 3CN sur la 2042 C) n’existe que depuis les cessions réalisées à compter du 1er janvier 2023, en application de l’article 79 de la loi de finances pour 2022 (art. 200 C du CGI). Par défaut, si le contribuable ne coche rien, c’est la flat tax qui s’applique automatiquement.

Le mécanisme a été introduit par la loi de finances 2018 et étendu aux actifs numériques par la loi de finances 2019 via l’article 150 VH bis du Code général des impôts. Depuis cette date, toute cession imposable d’actifs numériques par un particulier est soumise au PFU sauf option contraire.

Les 31,4 % de 2026 : composition et origine

Le taux de 31,4 % qui s’applique depuis le 1er janvier 2026 se décompose en deux volets distincts, qui n’ont pas la même destination et pas la même logique.

Le premier volet, 12,8 %, c’est l’impôt sur le revenu au sens strict. Il est collecté par l’administration fiscale et va alimenter le budget général de l’État. Ce taux est stable depuis l’instauration du PFU en 2018 et n’a pas été modifié en 2026.

Le second volet, 18,6 %, ce sont les prélèvements sociaux. Ils financent la sécurité sociale et se composent de plusieurs contributions : la CSG (contribution sociale généralisée) à 10,6 %, la CRDS à 0,5 %, et le prélèvement de solidarité à 7,5 %. C’est la CSG qui a augmenté en 2026, passant de 9,2 % à 10,6 %, ce qui explique la hausse globale de 1,4 point de la flat tax.

Cette augmentation a été votée dans le cadre de la Loi de financement de la sécurité sociale pour 2026 adoptée fin 2025. Application rétroactive aux cessions 2025 : les plus-values de cession de crypto-actifs sont qualifiées de revenus du patrimoine au sens de l’article L. 136-6 du Code de la sécurité sociale, et non revenus de placement (L. 136-7). À ce titre, la hausse de la CSG votée par la LFSS 2026 s’applique dès l’imposition des revenus 2025. Concrètement : sur votre déclaration printemps 2026 portant sur les revenus 2025, les plus-values crypto sont imposées au taux global de 31,4 % (12,8 % IR + 18,6 % PS), pas 30 %. Le complément de prélèvements sociaux sera intégré à l’avis d’imposition de l’automne 2026.

Comment le calcul se fait concrètement

Prenons un exemple chiffré complet pour que le mécanisme soit clair.

Vous avez une plus-value nette de 10 000 € sur vos cessions crypto 2026 (après compensation d’éventuelles moins-values, calcul détaillé dans l’article sur le formulaire 2086). Sous le régime de la flat tax, votre impôt se calcule ainsi : 10 000 × 12,8 % = 1 280 € au titre de l’impôt sur le revenu, et 10 000 × 18,6 % = 1 860 € au titre des prélèvements sociaux. Total : 3 140 €, soit exactement 31,4 % de votre plus-value.

Sur une plus-value de 50 000 €, même logique : 6 400 € d’IR + 9 300 € de PS = 15 700 € d’impôt total. Sur 100 000 € de plus-value, c’est 31 400 € d’impôt, soit près d’un tiers qui part en prélèvements.

La comparaison avec l’ancien taux de 30 % : sur 50 000 € de plus-value, l’impôt est passé de 15 000 € (ancien) à 15 700 € (nouveau), soit 700 € supplémentaires. Sur 100 000 €, 1 400 € de plus. La hausse n’est pas marginale sur les gros portefeuilles, même si elle reste techniquement mesurée comparée à la tranche marginale la plus élevée de l’IR progressif (45 % + 18,6 % = 63,6 % maximum théorique brut, sans tenir compte de la CSG déductible de 6,8 points l’année suivante en cas d’option barème).

Quand la flat tax est avantageuse, quand elle ne l’est pas

La question centrale : flat tax à 31,4 % ou barème progressif avec option 3CN ? Le choix dépend uniquement de votre tranche marginale d’imposition (TMI) pour les revenus du capital.

Le barème progressif 2026 de l’impôt sur le revenu (revenus 2025) comporte cinq tranches : 0 % jusqu’à 11 600 €, 11 % jusqu’à 29 579 €, 30 % jusqu’à 84 577 €, 41 % jusqu’à 181 917 €, et 45 % au-delà. À cela s’ajoutent les mêmes prélèvements sociaux à 18,6 %.

La logique mathématique est simple : si votre tranche marginale de l’IR est inférieure à 12,8 %, le barème progressif est avantageux. Si elle est supérieure ou égale, la flat tax est avantageuse. Dans la pratique, le barème progressif est intéressant uniquement si vous êtes non imposable (tranche à 0 %) ou si vous êtes dans la tranche à 11 %.

Exemple concret : vous êtes dans la tranche à 11 % de l’IR et vous avez une plus-value crypto de 10 000 €. Sous flat tax : 3 140 € d’impôt. Sous barème progressif option 3CN : 10 000 × 11 % = 1 100 € d’IR + 10 000 × 18,6 % = 1 860 € de PS = 2 960 € d’impôt. Économie de 180 € avec le barème progressif.

Même exemple avec une tranche à 30 % : 3 000 € d’IR + 1 860 € de PS = 4 860 € avec le barème, contre 3 140 € avec la flat tax. Le barème progressif coûte 1 720 € de plus dans ce cas.

L’option 3CN n’est pas globale — c’est une confusion fréquente

La case 3CN ne concerne que vos plus-values sur actifs numériques. Elle est distincte de la case 2OP (sur la déclaration 2042 de base, page 3) qui régit l’option barème pour vos autres revenus du capital (dividendes, intérêts, plus-values mobilières sur actions et OPCVM). Les deux options sont indépendantes. Vous pouvez cocher 3CN pour opter pour le barème sur vos cryptos sans affecter le régime de vos dividendes, et inversement cocher 2OP pour vos autres revenus du capital sans toucher au régime de vos cryptos. Faites donc deux simulations séparées et prenez la décision qui maximise votre situation sur chaque type de revenu.

Conséquence pratique : cocher 3CN n’a aucun effet sur le régime de vos dividendes, intérêts ou plus-values mobilières classiques, qui restent à la flat tax tant que vous ne cochez pas 2OP. Vous pouvez donc optimiser chaque catégorie de revenu du capital indépendamment, sans craindre qu’une décision sur vos cryptos contamine le reste de votre situation.

Si vous hésitez, utilisez le simulateur officiel d’impots.gouv.fr qui calcule l’impact exact en fonction de votre situation globale. Ne vous basez pas sur une règle simple du type « j’ai une TMI à 11 %, je coche ». La réalité est toujours plus nuancée dès que vous avez plusieurs types de revenus du capital.

Les moins-values et leur traitement

Le cas des moins-values crypto mérite un développement à part, parce qu’il est souvent mal compris.

Au sein de votre portefeuille crypto, les moins-values brutes d’une année s’imputent sur les plus-values brutes de même nature réalisées la même année : c’est ce qui détermine votre résultat net annuel. Si ce résultat net est négatif, la moins-value nette est définitivement perdue : contrairement aux moins-values mobilières sur actions, elle n’est pas reportable sur les années suivantes.

La moins-value crypto ne s’impute pas sur d’autres catégories de revenus. Vous ne pouvez pas l’utiliser pour réduire votre IR sur salaire, vos revenus fonciers, ou même vos plus-values mobilières classiques (actions, parts de SCI). Elle reste cantonnée à la catégorie actifs numériques.

Exemple concret. En 2026, vous réalisez au sein de votre portefeuille crypto une plus-value de 8 000 € sur certaines cessions et une moins-value de 3 000 € sur d’autres, la même année. Les deux se compensent : votre plus-value nette imposable 2026 est de 5 000 €, soumise à la flat tax de 31,4 %, soit 1 570 €. En revanche, si votre bilan crypto 2025 avait été négatif de 5 000 € et votre bilan 2026 positif de 8 000 €, vous ne pourriez pas déduire la perte de 2025 du gain de 2026 : la moins-value 2025 serait définitivement perdue et vous seriez imposable sur la totalité des 8 000 € en 2026.

En pratique, pour qu’une moins-value crypto serve à quelque chose, elle doit être compensée par des plus-values crypto réalisées la même année civile. Si vous anticipez une perte latente, il peut être pertinent de la matérialiser sur un exercice où vous réalisez aussi des gains, plutôt que de la laisser sur une année sans plus-value. Le formulaire 2086 sert à déclarer le résultat net de l’année ; les outils d’aide à la déclaration évalués dans la catégorie outils fiscaux facilitent ce calcul de compensation annuelle.

Les cas où la flat tax ne s’applique pas

La flat tax des particuliers (article 150 VH bis CGI) ne couvre pas tout l’univers crypto. Trois catégories échappent à son champ.

Les activités requalifiées en professionnelles. Si l’administration estime que votre activité crypto est habituelle et professionnelle (faisceau d’indices : fréquence, volumes, outils pro, part dans les revenus totaux), elle relève du régime des BNC (bénéfices non commerciaux) ou BIC (bénéfices industriels et commerciaux). Les revenus sont alors imposés au barème progressif de l’IR, sans possibilité de flat tax, avec des obligations comptables lourdes.

Le mining personnel. Les cryptos reçues en récompense de minage sont considérées comme des revenus en nature, imposables dès leur réception au régime BNC. La cession ultérieure de ces cryptos relève ensuite du régime particulier (flat tax), avec comme prix d’acquisition la valeur au jour du minage.

Le staking et le liquid staking relèvent d’une doctrine distincte et plus incertaine. Les récompenses de staking sont généralement traitées comme des plus-values lors de la cession ultérieure (régime 150 VH bis), mais l’administration peut requalifier en BNC en cas d’activité régulière organisée. Le liquid staking (échange ETH → stETH) reste une zone grise non tranchée par la doctrine fiscale au 19 mai 2026 : en l’absence de position officielle de l’administration, la prudence recommande de consulter un avocat fiscaliste avant cession.

Les airdrops reçus en contrepartie d’une activité. La doctrine administrative distingue les airdrops sans contrepartie (non imposables à la réception, plus-value calculée à la cession) des airdrops liés à une activité spécifique (utilisation d’un protocole, participation à un programme). Ces derniers peuvent être requalifiés en revenus en nature imposables dès la réception, hors du champ de la flat tax.

Pour tous ces cas, la consultation d’un avocat fiscaliste est vivement recommandée avant de déclarer. Les enjeux en cas de requalification mal anticipée peuvent être significatifs.

Ce qu’il faut retenir pour sa déclaration

En synthèse pour une déclaration 2026 simple sous régime particulier :

Votre plus-value nette calculée sur le 2086 est automatiquement soumise à la flat tax de 31,4 % (taux 2026 applicable rétroactivement aux revenus 2025 via la LFSS 2026, art. L. 136-6 CSS). Vous n’avez aucune action spécifique à faire pour bénéficier du PFU, c’est le régime par défaut.

Exonération annuelle 305 € — si le total cumulé de vos cessions imposables (hors swaps en sursis qui bénéficient de l’art. 150 VH bis II-A) sur l’année civile reste inférieur à 305 €, vous êtes exonéré d’imposition et de déclaration pour ces opérations (art. 150 VH bis B-II du CGI). Seuil rarement atteint pour un investisseur actif, mais utile pour les portefeuilles modestes ou les cessions résiduelles.

Si vous êtes non imposable ou dans la tranche à 11 %, simulez l’option 3CN avant de cocher. Vérifiez que l’économie sur votre crypto n’est pas annulée par les autres revenus du capital. En cas de doute, laissez la flat tax s’appliquer. C’est souvent le bon choix par défaut.

Si vous avez une moins-value nette sur l’année, déclarez-la sur le formulaire 2086. Attention : contrairement aux moins-values sur actions, elle n’est pas reportable sur les années suivantes et ne s’impute que sur des plus-values crypto réalisées la même année civile.

Report sur la déclaration 2042 C — une fois le formulaire 2086 rempli, le résultat est reporté sur la déclaration 2042 C (déclaration complémentaire des revenus) : la case 3AN reçoit la plus-value imposable, la case 3BN la moins-value de l’année. L’option pour le barème progressif s’exerce en cochant la case 3CN sur cette même 2042 C (et non sur la 2042 de base où se trouve la case 2OP pour dividendes/intérêts).

Si vous êtes dans une situation non standard (volumes importants, activité régulière, mining, airdrops fréquents), la flat tax ne couvre pas forcément toute votre situation. Consultez un avocat fiscaliste pour une analyse précise avant de valider votre déclaration. Le guide complet de la déclaration crypto reprend la méthode globale étape par étape.

La flat tax reste, en 2026, le régime le plus simple pour la majorité des investisseurs particuliers français. Simple ne veut pas dire qu’elle est toujours optimale, mais elle est rarement désavantageuse pour les tranches moyennes et hautes, et elle élimine énormément de complexité déclarative par rapport au barème progressif. Dans le doute, laissez-la s’appliquer.

Questions fréquentes

Faut-il déclarer si mes cessions crypto sont inférieures à 305 € par an ?

Non. Si le total cumulé de vos cessions imposables sur l’année civile reste strictement inférieur à 305 €, vous êtes exonéré d’imposition et de déclaration pour ces opérations, conformément à l’article 150 VH bis B-II du CGI. Ce seuil s’apprécie sur le total des cessions, pas sur la plus-value nette.

Quelle case cocher sur la déclaration pour opter au barème progressif ?

La case 3CN sur la déclaration 2042 C. Elle est spécifique aux plus-values d’actifs numériques et distincte de la case 2OP (qui régit l’option barème pour dividendes, intérêts et plus-values mobilières classiques). Les deux options sont indépendantes : vous pouvez cocher l’une sans cocher l’autre. L’option exercée via la case 3CN est expresse et irrévocable pour l’année.

Le mining personnel est-il soumis à la flat tax de 31,4 % ?

Pas directement. Les cryptos reçues en récompense de minage sont considérées comme des revenus en nature imposables dès leur réception dans la catégorie des bénéfices non commerciaux (BNC). Ce n’est que lors de la cession ultérieure de ces cryptos que la flat tax s’applique, avec comme prix d’acquisition la valeur au jour du minage.

La hausse à 31,4 % est-elle rétroactive sur mes cessions 2025 ?

Oui. Les plus-values de cession d’actifs numériques sont qualifiées de revenus du patrimoine au sens de l’article L. 136-6 du Code de la sécurité sociale. La hausse de la CSG votée par la LFSS 2026 (loi n° 2025-1403 du 30 décembre 2025) s’applique donc dès l’imposition des revenus 2025. Sur la déclaration du printemps 2026 portant sur les cessions 2025, les plus-values crypto sont imposées au taux global de 31,4 % et non plus 30 %.

Ne ratez aucune alerte crypto

Analyses, alertes scam et guides directement dans votre boite mail.

S'abonner